Histoire Et Patrimoine

Il était une fois Saint-Hernin…

Saint-Hernin, nom d’une commune, mais à l’origine nom d’un Ermite ! Mais de qui s’agissait-il ?

Même avec le temps, on ne sait toujours aujourd’hui que peu de choses sur ce Saint qui vivait en ermite sur ces terres. Albert Le Grand, un ancien comte du Poher, assure avoir appris l’histoire de Saint-Hernin après la lecture d’un vieux manuscrit conservé dans l’église du village de Locarn (Côtes d’Armor), une ancienne trève (Succursale de Paroisse) dépendante de la commune de Duault (Côtes d’Armor).

D’après les récits, Hernin était décrit comme un homme en quête de solitude, comme bien d’autres, et il serait venu de l’île de Bretagne (Royaume-Uni aujourd’hui) en Armorique (Bretagne aujourd’hui). C’est dans la forêt de la commune de Duault, au cœur de l’Argoat breton (Bretagne intérieure), qu’il mena sa vie de solitaire. Le seigneur du lieu lui accorda « Autant de terre pour bâtir son ermitage qu’il pourrait enclore de fossés en un jour ». Hernin prit alors son bâton et le traîna sur deux kilomètres autour du lieu choisi. Au passage du bâton, la terre s’amoncelait et formait un talus, ce qu’on appelait autrefois un fossé. Hernin vécut sur ces terres en solitaire, il y mourut vers 535, et son corps fut enterré dans son ermitage.

Après sa mort, les pèlerins affluèrent au tombeau de l’ermite, pour y vénérer ses reliques, un os de sa tête et un morceau d’humérus, conservés dans deux reliquaires d’argent. Ainsi naquit Locarn, loc-Hern, le lieu consacré pour Hernin, le solitaire.

L’histoire de la Commune

Des traces de vies sur Saint-Hernin sont constatées depuis au moins l’âge de bronze puisque quelques Tumuli (motte féodale) attestent de la présence d’hommes et de femmes de façon permanente sur le territoire avec la découverte de vestiges de poteries et autres objets de la vie quotidienne…

Au Moyen-Âge, Saint-Hernin était un démembrement de la paroisse de Spézet. Le château de Kergoat fut l’un des symboles de la puissance de ce territoire à cette époque. Il a été à de nombreuses reprises attaqué, brûlé et reconstruit, mais malheureusement, aujourd’hui, il n’est plus. Quelques vestiges comme le mur d’enceinte, deux pigeonniers remarquables s’y trouvent encore au lieu-dit de Kergoat (propriété privée).

A. Marteville et P. Varin de passage à Saint-Hernin vers 1845 écrivirent ceci pour décrire Saint-Hernin : « Cette commune, riche en pâturages, est d’un aspect riant et forme un heureux contraste avec celles qui environnent Carhaix. »

Dans le passé, les ardoisières de Saint-Hernin ont joué un grand rôle économique pour la commune. Aujourd’hui, les exploitations ne sont plus, et la commune tire son activité économique de l’agriculture et de l’agroalimentaire principalement. Au village de Kermanac’h, les vestiges d’une ancienne ardoisière subsistent toujours. (propriété privée)

Le Patrimoine Naturel de la commune

Saint-Hernin est une commune bâtie entre les Montagnes Noires (Menez Du en breton) et le Canal de Nantes à Brest. Les Montagnes Noires sont une chaîne de montagne relativement étroite et à faible altitude. Cette chaîne de montagne s’étire d’Ouest en Est depuis les alentours de Châteaulin jusqu’aux environs de Glomel dans les Côtes d’Armor. À Saint-Hernin, le plus haut sommet « Ty Coz » s’élève à 308 mètres d’altitude. De belles randonnées sont réalisables sur la partie montagneuse de la commune. En contrebas dans la vallée, coule le Canal de Nantes à Brest… Long de près de 360 kilomètres, le Canal de Nantes à Brest traverse la Bretagne intérieure. Il est situé à 1,5 km du bourg de Saint-Hernin. On peut s’y rendre par la route ou par des chemins de randonnées signalés au départ du bourg. Lieu paisible et bucolique, il offre la possibilité de réaliser de belles ballades le long des berges sur le chemin de halage. Les pêcheurs en font aussi leur lieu de prédilection !

Faune et flore de Saint-Hernin :

En termes de végétation, les forêts, landes et tourbières recouvrent les Montagnes Noires. Plus on descend en altitude et plus l’agriculture prend le relais avec de vastes champs séparés de talus. Les talus contribuent à retenir les éléments nutritifs du sol (phosphore…). En limitant le ruissellement de l’eau non retenue par les plantes, le talus permet de réguler le débit du canal et des ruisseaux lors de crues, son rôle est donc très important !

Le long du canal, vous pourrez tenter d’apercevoir toutes sortes d’espèces animales (loutre d’Europe, Écureuil roux, de nombreux oiseaux comme le héron, l’aigrette, la cigogne, la buse variable, le busard des roseaux, le faucon crécerelle, la chouette hulotte et bien d’autres) Le canal concentre lui aussi de grandes variétés d’espèces végétales. Mais cet environnement est très fragile, aussi, afin de ne pas effrayer la faune et de dégrader la flore, merci de respecter les chemins pédestres et équestres, les pistes cyclables, limiter les bruits et jeter les déchets dans les poubelles mises à disposition aux haltes nautiques, par exemple à l’aire de repos de Port de Carhaix.

Le patrimoine architectural de la commune

L’enclos paroissial de Saint-Hernin

L’enclos paroissial attire tout au long de l’année de nombreux visiteurs amoureux d’art religieux breton. Il contient l’église, l’ossuaire et le calvaire.

L’église de Saint-Hernin

La construction de l’église date de 1682. L’édifice est en forme de tau (forme en T) et comprend, un clocher à une galerie, une nef de cinq travées avec bas-côtés et un chœur à chevet plat avec deux ailes formant un transept (forme symbolique d’une croix latine). En 1845, le clocher menace de s’écrouler, il est reconstruit en 1858 sur décision du Conseil municipal. Mais en 1890, la foudre provoqua de nombreux dégâts sur l’édifice (chute de la pierre terminale de la croix et du paratonnerre brisant des motifs décoratifs de la tour). Des réparations seront à nouveau réalisées. L’église abrite les statues de Saint-Hernin, Notre-Dame de Bon-SecoursSaint-Corentin, Saint-Michel, Saint-Guénolé, Sainte-Catherine, Saint-Jean-Baptiste, une Pietà avec angelots et une statue de Saint-Pierre.

Le calvaire de l’enclos

Le calvaire de l’enclos a été construit entre 1555 et 1575. Fait en granit à gros-grain et kersantite, il comprend un emmarchement à 2 marches, un soubassement appareillé avec table d’autel saillante sur la face ouest, un socle et 3 fûts rapprochés. Il semble, de par sa position, que ce calvaire était destiné à célébrer des offices religieux en plein air.

L’ossuaire

L’ossuaire quant à lui a été édifié vers 1697 à l’ouest de l’église. Il a été remonté au sud et restauré en 1965. L’édifice est de plan rectangulaire avec une porte au centre de la façade et deux fenêtres en plein-cintre de chaque côté. Sur la sculpture polychrome, Sainte-Anne enseigne la lecture à la Vierge, enfant, debout et couronnée.

La Fontaine et le Lavoir

Ils sont situés hors de l’enclos. La fontaine est un petit édifice moderne avec un bassin près du grand lavoir. La fontaine de Saint-Hernin avait pour vertu de guérir les maux de tête. Pour obtenir ses bonnes grâces, il faut commencer par lui laver la figure à trois reprises et en frottant avec force. Hernin avait de son vivant l’habitude de s’agenouiller chaque matin auprès de la fontaine et d’y plonger la tête par 3 fois. C’était sa manière de faire ses dévotions.

Le lavoir communal qui jouxte la fontaine a été restauré en 2000 et est intégré dans un aménagement paysager.

Le calvaire de Kerbreudeur

Le calvaire de Kerbreudeur, construit en granit au XVe siècle, est l’un des calvaires les plus anciens de Bretagne avec celui de Tronoën. C’est un calvaire à niche qui représente plusieurs scènes de la vie du Christ. Les sculptures extérieures évoquent la lutte contre le dragon entreprise par saint Georges et sainte Catherine. Les sculptures intérieures reproduisent le paradis terrestre et le baptême. Le panneau central au fond évoque la résurrection.

En 2012, le calvaire fut restauré. En effet, sous le poids des trois croix, le centre de l’édifice maçonné en terre s’était affaissé et de nombreuses pierres ont été déstabilisées par l’infiltration des eaux de pluie. Les travaux ont permis de renforcer l’édifice, notamment par injection de chaux liquide.

La chapelle Saint-Sauveur

Jadis, haut lieu de pèlerinage, la chapelle actuelle faisait partie d’un Couvent appelé « Couvent des Carmes » ; aujourd’hui seule la chapelle a survécu et une ferme attenante s’est développée à l’arrière de celle-ci dans les années 1900. La chapelle Saint-Sauveur est érigée vers 1644 et la forme de l’édifice est en forme de croix. La chapelle abrite les statues de Notre-dame, Saint-Jean (en évêque), Sainte-Anne et la Vierge, Saint-GaudeatNotre-Seigneur portant sa croix et un Ecce Homo.

Louise de Quengo

Louise de Quengo, noble dame inhumée au Couvent des Jacobins (Rennes) en 1656 a suscité un engouement phénoménal lors de la découverte de sa dépouille momifiée parfaitement conservée en 2014. Son souvenir est loin de s’estomper avec la découverte d’un document qui relance la recherche de son cœur. Aujourd’hui, l’histoire continue à passionner. Pour preuve, la joie d’un membre du Centre Généalogique du Poher, de découvrir un document de 1673 qui relance la piste du mari de Louise et par conséquent celle du cœur de la religieuse du XVIIe siècle inhumée définitivement à Tonquédec (Côtes-d’Armor) en 2016. Le cœur de plomb placé dans le cercueil de Louise de Quengo a permis aux archéo-anthropologues d’affirmer l’identité de la défunte. L’inscription gravée dans le métal mentionnait le nom de son mari, Toussaint de Perrien, chevalier de Brefeillac. En suivait une indication précieuse pour retrouver la sépulture du mari de Louise et par conséquent, l’endroit probable du cœur de son épouse. Le métal gravé indiquait : « Le couvent des Carmes Déchaussés à Saint-Sauveur près de Carhaix, dont le chevalier était le fondateur ».

Des scientifiques munis de détecteurs de métaux ont bien exploré le site, mais sans résultat. Le document de 1673, découvert aux archives d’Ille-et-Vilaine, leur ouvre des perspectives nouvelles puisqu’il stipule que « la chapelle Saint-Sauveur (de Saint-Hernin) aurait trois autels, à savoir, le principal dédié au sauveur du monde et au pied et au milieu duquel repose le corps dudit seigneur de Brefeillac, leur fondateur, dans un cercueil de plomb enfoncé en terre où est aussi le cœur de Louise de Quellgo (Quengo) sa compagne décédée ».

Le petit patrimoine communal

  • Le Calvaire de  Goarem Vraz
  • Le Calvaire de Saint-François
  • Le Calvaire de Magoardy
  • Le Manoir de Coatqueveran (XV-XVIème siècle) (Propriété privée) Il daterait du XVIème siècle et on en distingue encore une porte en ogive remarquable.
  • Les Manoirs de Cuzulbic (Propriété privée) et de Rumoal (Propriété privée) sont encore visibles aujourd’hui. Au travers de l’histoire parfois mouvementée, les petits manoirs des campagnes furent pillés, incendiés, abandonnés, détruits… On peut citer les manoirs de Goaranvec, Kervisec, Keryvon, Du Launay, Lantudec, Toulgoat et quelques autres…
  • Les moulins de Kergoat, Donan, de Coatqueveran (Propriété privée)
  • Moulin de Goaranvec : C’est un moulin à eau situé au lieu-dit de Goaranvec, près de la chapelle St Sauveur. Le moulin appartenait aux propriétaires du manoir de Goaranvec, situé non loin de là. A la révolution, le moulin fut vendu à un meunier du nom de Lozac’h. Le moulin servait à moudre le blé, le seigle pour la farine mais aussi l’orge et l’avoine, qui sont des céréales destinées à l’alimentation des porcs. Les nouveaux propriétaires du moulin exploitent aussi des terres aux alentours, ont des vaches, cochons, poulets et s’occupent d’un bistrot ouvert dans la nouvelle maison d’habitation construite en 1910. Le moulin a arrêté de moudre du grain en 1991. La dernière roue à augets a été changée en 1993. La plupart du matériel et des outils sont encore dans le moulin et plusieurs visites ont déjà eu lieu, menées par Joseph Lohéac, à l’occasion des journées du patrimoine.
  • Le Manoir (Château) de Kergoat (Propriété privée). Autrefois château, Kergoat fut l’une des plus importantes forteresses du haut moyen-Age. Sa construction daterait de 1200 et a connu beaucoup de péripéties dans son histoire. Aujourd’hui il ne reste que deux colombiers remarquables et le château a laissé place à une demeure toujours visible aujourd’hui.
  • Les anciennes chapelles de Saint-Hernin aujourd’hui détruites comme la chapelle Sainte-Brigitte, Saint-François (détruite au XIXème siècle), Notre-Dame de Hellan, Kergoet ou Kergoat, de Saint-Deval )

Mairie de Saint-Hernin

11 rue du Centre-Bourg
29270 Saint-Hernin

La mairie vous accueille 

Du Lundi au Vendredi de 9h00 à 12h00
et de 13h30 à 17h00

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