Saint-Hernin

Album photos

Inauguration de la Maison Commune

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En présence de Mr Le Premier Ministre, Edouard PHILIPPE et de Mr Le Président de l'Assemblée Nationale, Richard FERRAND.

Discours de Madame Marie-Christine JAOUEN, Maire de Saint-Hernin :

"Monsieur le premier Ministre, Monsieur le président de l'assemblée nationale et député du Finistère, Monsieur le Préfet, Mesdames et messieurs en vos grades titres et qualités, chers habitants,

Cette mairie avait bien besoin d'un peu d'attention ! Construite en 1970, ses fenêtres étaient d'origine, laissant passer de si forts courants d'air qu'on aurait pu y faire sécher du linge. Peu accessible pour des personnes à mobilité réduite, elle méritait une mise aux normes. D'un physique ingrat et démodé, nous aurions pu l'abandonner à son triste sort au profit d'une construction ultra moderne. Et bien nous avons choisi de l'habiller d'un joli jupon de bois. Nous sommes un peu sentimentaux à Saint-Hernin et surtout économes...
Pendant que l'atelier des trois architectes veillait à l'évolution des travaux, nous avons occupé des locaux provisoires nous permettant de tester notre projet : rassembler en un lieu unique tous les services que nous pouvions proposer à nos administrés. Un jour, un homme est entré, nous avions rendez-vous, il était en avance et a pu observer les aller-et-venues des saint-herninois durant un petit moment : l'un entre et demande un renseignement administratif, il repart visiblement satisfait. Puis c'est au tour d'une dame qui vient poster un courrier. La chose est faite, elle laisse sa place à l'infirmière qui vient déposer des prises de sang dans un contenant réservé à cet usage, elles seront récupérées par le laboratoire d'analyses médicales en fin de matinée. C'est au tour d'un enfant de venir choisir sa bande dessinée. Il était 11h, l'épicerie étant fermée, la vente de pain avait commencé depuis un bon moment et se terminait faute d'approvisionnement. L'homme surpris s'exclama à mon arrivée : « incroyable !, je visite les mairies de la région depuis bien longtemps et je n'avais encore jamais vu ça ! ». Le pari était gagné.
Mairie, Agence postale, bibliothèque avec un guichet unique, 35 heures d'ouverture semaine, un personnel disponible, capable de sortir du cadre quand il le faut pour trouver des solutions dans des situations parfois des plus improbables, des bénévoles assurant une permanence tardive à la médiathèque deux fois par semaine, offrant ainsi des horaires d'ouvertures élargis, la bibliothèque du Finistère en soutien pour la constitution des collections. N'est-ce pas ce qu'on appelle le service public !
Une bibliothèque est un maillon de la chaine de l'instruction et de l'éducation. Dans un contexte aujourd'hui si tourmenté, il me semble essentiel de dire qu'il faut instruire pour faire des femmes et des hommes libres, libres de penser et de comprendre, libres de s'exprimer, libre d'agir,. L'instruction permet l'échange et le dialogue, elle évite la violence et l'animosité par le respect de l'autre. Alors lire, écouter, voir et regarder pour s'informer, se poser des questions pour avoir un avis une opinion, échanger, partager pour forger ses connaissances, sa réflexion. Prendre du recul, être curieux, attentif, vif d'esprit pour aller plus loin, regarder autour de soi, être à l'écoute, vaincre la solitude, s'entraider, construire ensemble. N'y-a-t-il pas dans ces lieux tous les ingrédients pour comprendre le monde qui nous entoure dès le plus jeune âge ?
Notre commune est toute petite perdue dans ce fameux monde rural que l'on dit abandonné, qu'il faut sauver à tout prix face à la toute-puissance des villes. Mais nous ne sommes pas encore vêtus de guenilles, nous avons des idées, nous avons des envies, nous voulons continuer à vivre ici même si l'on subit régulièrement des problèmes de téléphone fixe ou mobile, même si certains villages sont en zone blanche attendant la fibre avec impatience, même si les tempêtes font subir de gros dégâts au réseau électrique que l'on accroche dans les arbres dans du provisoire qui dure, même si des axes routiers ne se terminent pas. Je me refuse à penser que nous vivons dans l'opposition de deux mondes, l'un urbain, l'autre rural. Il n'y a pas de sous-hommes et chacun doit pouvoir vivre où bon lui semble sans souci d'infériorité, sans vanité et avec les mêmes services qui permettent de mener une existence digne. Urbain, rural, ne soyons pas rivaux, avançons ensemble chacun avec ses spécificités. Remettons l'humain au centre de notre réflexion commune, laissons un moment la rentabilité et le pouvoir de l'argent sur le bord du chemin.
Alors oui notre commune est petite mais grâce à un tissu associatif fort et à une politique municipale volontariste, nous nous amusons, nous découvrons, nous apprenons, nous nous rencontrons, nous nous entraidons, nous travaillons. Nous offrons cette possibilité à tous les habitants de Saint-Hernin et d'ailleurs, à chacun d'en saisir l'opportunité. Du cinéma, de la musique, du théâtre, du sport, des rencontres thématiques, des moments de convivialité pour tous, 876 « j'aime » sur Facebook pour 774 habitants. 
Cette petite commune a tout d'une grande, je me plais à le dire ! De plus, Saint-Hernin fait partie d'un territoire très attractif, avec la proximité de Carhaix, nous bénéficions de nombreux services en termes de loisirs, de culture mais nous bénéficions aussi d'un joli panel de commerces et d'entreprises ainsi que d'un hôpital. Ce qui constitue un réel confort de vie.
L'inauguration de cette maison communale en votre présence Monsieur le premier ministre est un symbole fort. La réhabilitation de ce lieu a pu se faire grâce à des financements de l'Etat, du Ministère de l'intérieur, de la Région, du département, de la poste, de l'Alecob. Nous vous en remercions très sincèrement. C'est très réconfortant car cela signifie pour nous, que ce service a le mérite d'exister.
Alors à tous les jeunes gens avec plein d'enfants qui pourraient venir gonfler les rangs d'une commune vivante et joyeuse, je voudrais lire ceci !
Le rat des champs et le rat des villes, Première version écrite par Esope écrivain grec au Vie, avant JC

Un rat des champs avait pour ami un rat des villes. Le rat des villes, invité par son ami s'empressa d'aller dîner à la campagne. Mais comme il n'avait à manger que de l'herbe et du blé, il dit : « Sais-tu bien, mon ami, que tu mènes une vie de fourmi ? Moi, au contraire, j'ai des biens en abondance. Viens avec moi, je les mets tous à ta disposition. » Ils partirent aussitôt tous les deux. Le rat des villes fit voir à son camarade des légumes et du blé, et avec cela des figues, un fromage, du miel, des fruits. Et celui-ci émerveillé le bénissait de tout son coeur, et maudissait sa propre fortune. Comme ils s'apprêtaient à commencer le festin, soudain un homme ouvrit la porte. Effrayés du bruit, nos rats se précipitèrent peureusement dans les fentes. Puis comme ils revenaient pour prendre des figues sèches, une autre personne vint chercher quelque chose à l'intérieur de la chambre. À sa vue, ils se précipitèrent encore une fois dans un trou pour s'y cacher. Et alors le rat des champs, oubliant la faim, soupira et dit à l'autre : « Adieu, mon ami, tu manges à satiété et tu t'en donnes à coeur joie, mais au prix du danger et de mille craintes. Moi, pauvret, je vais vivre en grignotant de l'orge et du blé, mais sans craindre ni suspecter personne. » 
La morale de cette fable : mieux vaut mener une existence simple et paisible à la campagne que de nager dans les délices en souffrant de la peur."

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